18 février 2014

Québec en 26 lettres

Québec en 26 lettres

L’arrivée en vacances imminente d’une collègue au Québec m’a fait repenser à notre épopée de 2012. Eh oui, déjà. J’avais commencé à écrire un article à l’époque ou plutôt un glossaire de notre voyage : infos insolites ou culturelles et (f)utiles.

A comme Argent. Non, je ne vais pas faire un paragraphe sur l’argent mais je vais mettre le focus sur les billets de banque canadien. Les avez-vous déjà vu ? Ils méritent d’être encadrés. Avant de partir nous avons échangés quelques devises européennes pour le dollar CAN et on a eu des billets tout neuf. Le billet de 100$ m’a particulièrement touchée : orange comme les forêts canadiennes en automne orné de la tête du premier ministre de 1911 à 1920 et surtout la bande transparente à 1/3 du billet ! Oui, on y voit à travers ! Magique !

B comme Bars, Brasserie et Micro-brasseries : la B.I.E.R.E. Oui, elle coule à flot dans tout le Québec. Et en plus c’est la boisson alcoolisée la moins chère du pays ! Que demander de plus … Ah oui, vous vous dites rien à voir avec les bières belges ou anglaises ? Eh bien détrompez-vous, les micro-brasseries (non ce ne sont pas des brasseries karaoké ou microscopiques) brassent elles-mêmes leur propres composition : un bon moyen de varier les goûts et de fidéliser le client.

C comme Cidre de glace. Déjà, le cidre. Présent dans la plupart des bars & des micro-brasseries du Québec et certainement du Canada, il est super utile quand on ne boit pas de bière mais qu’on a des amis. Le cidre se prête bien à la socialisation. Parce que oui, en France, par exemple, quand on ne boit pas de bière et qu’on n’a pas forcément envie d’alcool fort, eh bien, on est là dans son coin avec son soda (pour ne pas citer de marque) ou son jus… Pas top. Vous en conviendrez donc que le cidre est super. Mais alors quand on nous a présenté le Cidre de Glace; là, on ne joue plus dans la même catégorie. Le cidre de glace provient de pommes que l’on récolte une fois qu’elles sont gelées. Par un procédé de fermentation ressemblant à celui du cidre traditionnel, il en sort un cidre peu ou pas effervescent mais très sirupeux et qui se boit comme du petit lait : une compote de pomme liquide qui se boit fraîche … naturellement.

D comme Devise. Je me souviens. Elle se trouve sur toutes les plaques d’immatriculation et les trucs officiels. Mais qu’est-ce-que ça veut bien dire ? Elle est la devise officielle du Québec depuis 1883. C’est un certain architecte, Mr Taché, qui l’a mise comme ça sur la façade du Palais Législatif en dessous des armoiries de la province. La raison ? On n’en sait rien. Toujours est-il que bon nombre de personnes ont signé les plans de ce Palais et que le 9 février 1883, date de la signature officielle. Du coup, Je me souviens est aussi devenu officiel. Si on creuse un peu pour la comprendre, Taché à certainement repensé à la Guerre de la Conquête de 1760 (guerre de Sept Ans entre Français et Britanniques pour le contrôle de l’Amérique du Nord – on sait qui a gagné …) pendant laquelle bon nombre de soldat ont dû certainement perdre la vie. Du coup, Taché, dont les père et grand-père ont dû connaître cette guerre, voulait sans doute rendre hommage à ce moment significatif de l’histoire de la province. Il se trouve aussi que Taché était un homme politiquement engagé. Bref, les canadiens-français n’ont certainement jamais accepté la défaite face aux anglais. Ils sont rancuniers et je les comprends ! Plus d’infos sur Wikipédia et www.jemesouviens.info

E comme Exception culturelle. En France, on parle souvent d’exception culturelle. Cependant, je trouve que celle-ci est plus présente au Québec que dans notre cher pays. Au Québec, pas d’anglicisme et la traduction est littérale. Exemple, on vous dira Bienvenue pour You’re welcome (de rien en français français) et le snowboard sera une planche à neige.

F comme Fast-Food. Les québécois sont certes nos ancêtres, ils se sont tout de même bien adaptés au mode de vie nord-américain. Mais attention, ne leur parlez pas de McDo. Même si le fameux M jaune est siglé d’une feuille d’érable, le McDo est plus un salon de thé pour personnes âgées que le fast-food tel qu’on le connaît ici. Non, au Québec, c’est A&W où on va dans des restaus stylés retro avec des bonshommes aux bonnes bouilles. On y déguste toute une famille de burgers. Oui, une famille où il y a le Baby Burger jusqu’au GrandPa Burger en passant par le Uncle Burger. Bien sûr le KFC existe mais sous le nom québécois : le Poulet Frit du Kentucky. Mais ils ont leur propre chaîne connue sous le nom de Saint Hubert dont ils arrivent à varier les gammes : Saint Hubert, le fast-food, St Hub, le restau plus élaboré.

G comme Gastronomie. Pleins de plats incroyables sortent des cuisines de nos amis québécois. Nous avons eu la chance d’en goûter quelques-uns comme la fameuse poutine, le pâté chinois, la bagels, les pets de sœur (sorte de roulé à la cannelle mais où la cannelle est remplacée par de la cassonade ou du sirop d’érable sous forme de mélasse) ou encore tous les plats que l’on peut trouver dans une cabane à sucre. Mais nous n’avons pas eu la chance de tester le pain de viande (mélange de porc-veau avec du pain de mie ramolli dans du lait, des œufs, des oignons le tout cuit au four ou à la marmite) ni le sucre à la crème ou encore le ragout de boulette. Bref, tout pour le régime !

H comme Hockey. OK (ah ah ah), ils ont des lacs entiers pour s’entraîner. C’est peut-être pour ça qu’il est LE sport national. D’octobre à mai, le pays vibre pour ces hommes (ou femmes) baraqués dans leurs protection crosse à la main. Savez-vous que même les petits villages ont leur propre équipe ? C’est dire ! Vous connaissez surement, de nom, les Canadiens de Montréal ? Mais si, ce logo bleu, blanc et rouge ! Bon, en tout cas, ce sport est tellement populaire au Québec (et dans tout le Canada, je pense) que c’est l’équivalent du foot ici, en France : argent, argent et argent. Si vous voulez allez voir un match, c’est un match amateur qui vous comblera de son ambiance. Et puis, ne soyez pas choqués, tous les coups sont permis tant que le joueur à son casque ! Baston !

I comme Inukshuk. Mot imprononçable ? Non pas du tout. Mis à part les u que l’on prononce ou, ça se prononce comme c’est écrit. En fait, c’est un mot d’origine inuktitut (cousin des eskimo) qui signifie « ce qui a la capacité d’agir comme un être humain ». Il s’agit en fait d’un assemblage artificiel de pierre (des cairns) en forme d’homme. Il y en a un peu partout au Québec mais on peut, je pense, en trouver jusqu’en Alaska.

J comme Jacques Cartier. C’est quand même drôle que nous vivons dans une avenue Jacques Cartier et que nous décidons d’aller au Canada. Je ne sais pas si ça a eu un lien mais faire des réservations au Québec et dire notre adresse, les interlocuteurs étaient vachement sympa. Bon, en fait, ça n’a pas de liens, les québécois sont naturellement gentils. Pour info, c’est ce marin de Saint-Malo qui a découvert et nommé le Canada par le fleuve Saint-Laurent. Tout simplement ! Un signe ? Je pense …

K comme Kilomètres carrés. Parce que oui, le Québec est la seconde plus grande province du Canada (derrière la région du Nunavut avec plus de 2 millions de km²). Il y a 2,6 fois la France dans un Québec. Avec son 1 667 441 et quelques km², le Québec est énorme mais entrecoupé de 1000 lacs (d’où son surnom). Il y a 21,3% d’eau sur le million de km² (soit … rapide calcul … 335 315 km² d’eau). Difficile de ne pas marcher dans une flaque !

L comme Laurent (ou plutôt Saint-Laurent). Impossible de parler de Québec sans évoquer le Saint-Laurent, fleuve par lequel Jacques Cartier à découvert le Canada. Saviez-vous qu’il traversait l’Ontario et le Québec ? Ben oui, avec une longueur de près de 1 140 km, il en parcourt de la distance. C’est même lui qui fait la frontière entre l’Ontario et l’état de New York aux USA. Ce fleuve a connu plusieurs nom comme la rivière des morues, la France Prime ou encore la rivière des Iroquois avant d’être nommé fleuve Saint-Laurent.

M comme Moufette. Non, ce n’est pas une petit moufle. Un moufette est ce qu’on appelle chez nous un sconse ou encore putois (ou du moins une bête puante). Très répandue en Amérique du Nord, sauvez-vous si vous croisez une bête noire avec deux rayures blanches sur le dos (c’est Pépé le Putois). S’il vous p… euh, lâche son liquide toxique sur vous, vous pouvez jeter tous vos vêtements, vous couper les cheveux et vous peler la peau. Non, mais c’est presque ça. Les vêtements, oui, vous pouvez les brûler. Pour les cheveux et la peau, achetez l’équivalent d’une baignoire de jus de tomate et plongez-y. Bon, je ne sais pas si ça fonctionne mais, au moins, ça masque l’odeur (et ça risque de boucher les tuyauteries). Au sinon, un petit remède composé d’eau oxygénée, de bicarbonate de soude et de savon pourrait faire l’affaire. Good Luck ! Et si l’envie vous prenait d’avoir une moufette en animal de compagnie, c’est possible : il faut l’apprivoiser et lui virer ses glandes sécrétant ce liquide toxique. Après il sera doux comme un agneau.

N comme Neige … et glace aussi parce l’un ne va pas sans l’autre. Contrairement à la France, la neige au Québec n’empêche pas (mise à part les tempêtes de neige) les québécois de vivre. Eh bien quoi, sinon, ils ne vivraient qu’au mois de juillet. Non, il y a beau avoir des mètres de neige, ils vont travailler, faire leur courses etc. En fait, ils se sont adaptés parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Truc ingénieux, dès les premières neiges, ils érigent des abris en plastiques pour éviter de déneiger la voiture tous les matins. Ils ont installés un système de crochet sur les toits pour retenir la neige et la glace pour ne pas qu’elle vous tue et à Montréal, ils ont fait une ville sous la ville. La neige, pfff, ce n’est rien.

O comme Ours. Dans les parcs nationaux que nous avons visités, il nous est plusieurs fois arrivé de tomber sur un panneau nous expliquant comment réagir face à un ours. Les ours brun, qui sévissent au Québec, ont beau être tout choupinou grrr (comme tous les ours d’ailleurs), il n’empêche que derrière leur sourire câlin se cache une seule pensée Humm, un steak à basket. Oui, nous sommes tous des steaks. Ainsi, lors de vos randos, n’hésitez pas à siffler ou à parler (bonne excuse) pour ne pas surprendre l’animal. Si vous vous retrouvez face à face, gardez votre calme (autant que possible) et parlez-lui doucement sans faire de mouvement brusque mais tout en reculant doucement en lui faisant face. S’il vous attaque … euh … si vous avez une bombe à poivre visez les yeux et barrez-vous ou sinon, prenez ce que vous trouvez et visez le nez (snif) tout en vous grandissant et en agitant les bras au-dessus de la tête. Mais rassurez-vous en 30 ans, il y a eu que 6 décès dû à des ours, moins que les accidents de voiture.

P comme Publicité (réno dépôt, vive la bouffe)

Q comme Québécois. Bien qu’ils vivent dans un pays glacé plus de 6 mois par an, les québécois sont hyper chaleureux. A peine le pied posé sur le sol québécois, on est les bienvenue. Agent de sécurité et douaniers souriants à l’aéroport, accueil exemplaire et des formules de politesse qui en ferait perdre son français à un serveur français. Oui, au Québec on est cool, courtois et souriant. Ce n’est pas une légende, le québécois est accueillant et même les français de souche qui sont partis vivre là-bas ont pris le pli. Sans prise de tête. A bon entendeur …

R comme RAM ! Tout québécois voulant faire un peu de route qui se respecte possède un pickup Dodge RAM. Et ça se prononce RAM avec une voix de Clint Eastwood qui aurait fumé trop de cigarettes sans filtre. Parce que c’est une voiture pour les vrais, je laisse une publicité en parler.\n

S comme Symboles. Le Québec dispose de plusieurs symboles (voir les armoiries à la lettre D). D’abord, la feuille d’érable évidement pour la nation canadienne. La couronne et le léopard, parce que, oui, la Reine est là-dessous. Les fleurs de Lys pour son origine française (trois en l’honneur de la Sainte-Trinité. On parle aussi du harfang des neiges (ou chouette des neiges) non présent sur les armoiries du Québec mais qui symbolise la blancheur des hivers. Les armoiries de Montréal reflètent le melting pot de la fille : une fleur de lys pour la France, une rose pour les Anglais, un chardon pour l’Ecosse et un trèfle pour l’Irlande (vous imaginez donc les Saint-Patrick de fou !).

T comme Températures. On le sait, au Québec comme au Canada, il fait froid. Et malgré des étés indiens quasi annuels ou les fortes chaleur jusqu’à 35°, le froid qui vous glace les os vous attends au coin de la rue et bim ! vous vous retrouvez avec votre doudoune dehors par -40° (températures maximales). Il y a plutôt intérêt à ne pas tomber en panne de chaudière …

U comme Ubisoft. Je ne pouvais pas parler de Québec sans parler d’Ubisoft (oui je sais c’est une marque) mais voilà. Les studios (français même bretons à l’origine) ont eu la bonne idée d’aller s’installer à Montréal et à Québec City afin de profiter des avantages fiscaux. Oui, bonne idée aussi les mutations entre les différents studios …

V comme Visa permanent. Vous êtes charmés par cette description insolite du Québec ? Eh bien il est possible d’avoir le visa permanent. Bon pas si facile que ça : il faut passer une certification de sélection de Québec (CSQ) puis déposer la demande de résidence permanente à condition d’avoir un travail approuvé par le Québec. Puis il y a un examen médical de vous et de toute votre famille et aussi un contrôle de sécurité. Voilà bonne chance ! Pour info, c’est ici.

W comme Wapiti. Celui que l’on confond souvent avec un un caribou ne vit pas du tout au Québec … C’est juste que la lettre C était déjà occupée par Cidre de glace. Donc derrière ce wapiti se cache un caribou. Cette grosse bébête tire son nom du micmac (c’est une langue ancienne de Gaspésie au Québec) xalibu soit celui qui gratte le sol avec sa patte. Ils sont doués pour marcher un file indienne sur la glace et la neige qu’il va gratter avec sa patte pour trouver de l’herbe à manger. Même s’ils savent nager, il arrive que des fois ils se loupent sur la traversée de lac. Ils ne savent pas lire les pancartes « attention glace mince » …

X : si vous avez une idée, je veux bien. Là je sèche

Y : C’est toujours compliqué les fin d’alphabets

Z comme zozotter ou zézéyer parce que le P de Parler ou le D de Dialecte étaient déjà pris. Je ne pouvais pas finir cet article sans parler de cet accent si caractéristique de nos cousins d’outre-manche. Une langue chantante et, je l’avoue, difficile à comprendre après 6 heures d’avion et 3 h de voiture sans dormir. Mais une fois qu’on l’a, on y prend goût et on a aussi envie de la parler (ou de la chanter). \n\nBon a c’t’heure, je t’laisse. Y’a de la boucane qui sort du four ! (oui mon cake aux tomates est un peu en train de crâmer)

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