29 octobre 2012

Somewhere beyond the sea …

En visitant l’île le lendemain de notre arrivée, nous avons vu que le petit centre de plongée proposait tous les mardis et les samedis une introduction à la plongée. Vu qu’on était déjà mardi, c’était trop tard. Nico voulait absolument en faire, moi, comme d’habitude, je ne pensais pas réussir à la plongée à bouteille vu mes débuts en PMT …

Le lendemain, le mercredi, on s’est renseignés sur en quoi consistait exactement cette introduction à la plongée. Sur les différents panneaux du centre de plongée, le Diving Center Werner Lau, on a aussi vu qu’ils proposaient un baptême de plongée. Mais cette fois-ci, tous les instructeurs étaient partis en cours et du coup, on n’a pas pu se renseigner.

Puis on a réfléchit … ça serait bête de manquer ça. On nous a souvent dit que les Maldives étaient l’endroit rêvé pour la plongée alors pourquoi on, enfin, j’hésite ! Comme j’ai bien réussi à snorkeler, ça serait doublement idiot de louper la plongée bouteille pour voir les plus beaux récifs coralliens du monde ! Donc le jeudi, on retourne au centre de plongée bien décidés et là, un instructeur nous prend en charge afin de nous expliquer. Il y a deux formules :

  • Introduction diving : savoir manier la bouteille et rester à la surface
  • Baptême de plongée : plongée jusque 10 à 12 mètres, pas valable si un jour on veut passer un niveau. Par contre, si on voulait passer une certification SSI sur place, le baptême aurait servi à quelque chose. Ceci dit, comme la plongée est prévue le samedi, il était trop tard pour une certification qui dure 3 jours. On ne peut pas faire de plongée 24h avant de prendre l’avion.

On s’est donc décidés pour le baptême de plongée qui avait l’air d’offrir plus de sensation que de rester à la surface. « Go » dit Nico, « Ouais » répond Co peu assurée. Rendez-vous donc samedi matin dès 9h00 au Diving Center. On nous prévient que ce matin-là, le petit-déjeuner devra être léger … J’ai peur …

Tonja, l’instructrice qui a pris nos inscriptions sur le champ, nous fait signer une décharge où on signe ne pas avoir de problème d’oreille, de loss of consciousness et que si on se noie, eh bien ce ne sera pas de leur faute. Pas très engageant … Puis, elle prend la taille des harnais. Elle nous explique rapidement comment ça va se passer… Dans quoi je me suis donc engagée …

Entre temps, le vendredi, on a fait un petit snorkeling safari où j’ai oublié d’enlever mon short avant de plonger. Cette sortie me confirme que l’on a fait le bon choix pour la plongée en bouteille. Samedi matin, 09h00 pétantes, nous sommes devant le centre de plongée après avoir avalé un tout petit petit-déjeuner et ce n’est non sans appréhension que l’on s’est approché du centre où les habitués enfilaient leurs combinaisons de néoprène.

C’est Sigi, une allemande, qui va s’occuper de nous lors de notre heure de plongée et aussi de notre ½ heure de théorie qui s’avère super utile quand même.

1 – Les signes sous-marins

La communication en plongée est primordiale. Or communiquer sous l’eau avec en plus un tuyau qui nous relie à notre seul moyen de survie peut être compliqué. C’est pourquoi on utilise tout simplement ses mains. Voici les signes que nous avons appris et qui nous ont servis pour notre première fois sous l’eau.

  • OK / tout va bien / C’est l’éclate totale

  • Ca ne va pas (pointer l’endroit)

  • On monte

  • On descend
  • Regarde ça
  • Gauche/tout droit/droite/demi-tour

2 – Le matériel

Règle numéro 1 : on porte un maillot anti-UV qui, en plus de protéger contre les rayons du soleil qui pénètrent jusque 30m de profondeur, va protéger notre petite peau du poids du harnais.

LA BOUTEILLE

PCP  : ce qui permet de rester à la surface ou de couler. Gonfler fait monter, dégonfler fait descendre
Manomètre  : permet de savoir son niveau d’air restant
Détenteur  : on le met dans la bouche comme on met un protège-dent. C’est par là qu’entre l’air (oxygène) qu’on inspire. Ne pas mettre le détenteur « face douche » vers le … à la surface sinon l’air sort à cause de la pression.
Détenteur de secours : pour celui qui a perdu le sien.

LE MASQUE

Il ne doit pas être trop serré.

Les élastiques ne doivent pas être pliés. Ils doivent être plats sur la tête
Un masque est bien réglé s’il n’est pas écrasé sur les rebords près du visage.
Il faut bien enlever tous les cheveux.

Toutes ces précautions sont nécessaires. Effectivement, plus le masque est bien mis, moins l’eau peut y entrer et avec la pression un cheveu peut faire entrer de l’eau dans un masque !

Mais comment faire si de l’eau est quand même entrée dans mon masque alors que je suis ne serait-ce qu’à deux mètres de profondeur ? Le retirer n’est pas la solution parce que … eh bien, comment vous dire, ben vous serez obligé de remonter pour vider TOUTE l’eau et en plus, l’eau de mer ça pique beaucoup les yeux.

La solution c’est de faire une petite manip qui ne fonctionne qu’avec un masque équipé d’un nez (ne pas faire ça en piscine avec un masque qui couvre juste les yeux … ça sent le vécu ? oui, j’ai eu un peu l’air ridicule cette fois-là …)

Qu’en est-il pour la buée ? Ben oui, si vos lunettes sont toutes neuves, de la buée peut se former à partir de certains mètres. Il y a aussi une petite manip’ simple à réaliser.

LE GILET STABILISATEUR ou STAB

Il faut bien quelque chose pour faire tenir la bouteille sur notre petit dos. Heureusement que le gilet stabilisateur est là. En plus, on peut le gonfler ou dégonfler à volonté pour monter ou descendre. C’est donc à ça que sert les sorties PCP de la bouteille : à alimenter le gilet en air.

Le gilet dispose aussi de poches dans lesquels on peut y mettre des poids en plomb en bloc ou en sachet afin de jouer avec notre ami Archimède et sa poussée.

LA CEINTURE LESTEE

C’est une ceinture que l’on fixe sous le gilet afin d’ajouter encore plus de poids en plomb. Autant vous dire qu’on se sent lourd(e)s sur la terre ferme ! Dans l’eau, ça permet de plonger plus facilement. Au fur et à mesures, des poids sont ajoutés dans les poches du gilet.

4 – Le physique

Bien que l’on flotte tranquillement dans l’eau, le corps est mis à rude épreuve lors d’une plongée bouteille. La pression y est pour beaucoup. Voici quelques petites astuces que l’on apprise et qui se sont avérée super efficaces.

LES OREILLES

Tout comme quand on prend l’avion, plonger à plusieurs mètres dans l’océan peut faire mal aux oreilles. Il y a plusieurs moyens plus ou moins faciles à réaliser. En gros, il faut autant que possible faire claquer ses tympans aussi souvent que possible ou plutôt dès que ça fait mal.

  • Avaler sa salive peut parfois suffire
  • Faire un valsalva … C’est quoi ? C’est se pincer le nez et souffler par celui-ci doucement, comme si vous vous mouchez.
  • On peut aussi bouger la mâchoire (ça marche chez certaine(e)s). Je n’ai pas testé d’autant plus que je ne sais pas comment faire avec un détenteur dans la bouche ?!

LA RESPIRATION

Elle doit être avant tout normale. Ce n’est pas parce qu’on est sous l’eau avec un corps étranger dans la bouche que l’on doit paniquer … A qui je veux faire croire ça ? Plus sérieusement, plus votre respiration est normale, plus la quantité d’air disponible dans votre bouteille sera importante. Evidemment, si vous paniquez, vous aurez besoin de plus d’air et donc vous pourrez couper cours à la plongée.
Cependant, il peut arriver que l’on perde sa respiration. Dans ce cas, il suffit d’expirer très fort – comme si vous soupirez – et de reprendre un rythme normal.

LE MOUVEMENT DES JAMBES

Pour les besoins de la plongée assistée d’un seul instructeur pour deux, le mot d’ordre c’était de ne pas palmer trop vite, l’instructrice ne peut pas se diviser en deux et bien-sûr, elle ne peut pas laisser un plongeur inexpérimenté tout seul pour s’occuper de l’autre.

Il ne faut battre des pieds que lorsque l’on est en position horizontale. Sigi se charge de la verticale.

Surtout, quand on est près des coraux, il ne faut surtout pas ramener les pieds près du ventre afin de ne pas les heurter. Il faut s’étendre au max comme si on faisait la planche dans la piscine

3 – Les 5 règles

1. Penser à respirer, c’est tout con mais c’est vrai, des fois on y pense pas.
2. Si on perd le détenteur, il faut d’abord expirer l’air qu’il y a dedans
3. Ne pas arrêter de bouger les pieds
4. Ne pas avoir le masque plein d’eau
5. Je ne sais plus …

4- La pratique

Une fois cette ½ de théorie passée, un préposé au matériel vient le prendre pour le ramener sur le lieu de notre plongée : l’exit 6 (la sortie 6). Nous on y va à pied et on en profite pour discuter avec notre instructrice ; On apprend qu’elle travaille 9 mois sur 12 à Filitheyo et que c’est sa deuxième saison ici. Le reste de l’année, elle habite Essel/Essen (à 1 ou 2h de Strasbourg). Elle ne parle pas beaucoup français et n’en connais que quelques mots… tout comme les autres langues parlées par les touristes des Maldives. Elle nous fait même un classement des touristes les plus représentés sur l’île :

1. Allemand
2. Anglais
3. Suisse
4. France

Les américains et les Espagnols sont les moins nombreux …

Arrivés à l’exit 6, le matériel arrive et c’est la fin ! Non, je rigole. On s’équipe et on se rend compte que sur le dos c’est quand même super lourd. Tu m’étonnes qu’on va couler avec ça ! On se dirige vers l’eau, palmes à la main et grâce au PCP que Sigi actionne, on peut alors s’asseoir dans l’eau (par sur le sable, bien en lévitation dans l’eau). Ça nous permet de mettre plus facilement nos palmes.

Bon, Nico est bien assis. Moi, je pars déjà en vrille. Et bim ! Un poids en plus. On met le masque, le détenteur et on plonge la tête dans l’eau pour voir si tout va bien mais aussi pour s’habituer ave ce drôle de truc qui donne de l’air.

Toujours au bord de la plage, Sigi dégonfle le PCP et on se retouve maintenant assis sous l’eau tout en respirant avec ce machin. Nico va bien. Pour moi, petit moment de panique générale. Tout passe par ma tête (dont l’inévitable Je vais me noyer) et je fais signe à Sigi sous l’eau. Elle me remonte à la surface (qui est, rappelons-le, à même pas un mètre au-dessus). Elle me prend les deux mains et me rassure. Après deux bonnes minutes, elle réussit à me calmer. Pendant ce temps-là, Nico fait des bubulles sous l’eau ;

Voici où nous nous trouvons :

Ce que Nico en dit : On nage le long du récif jusqu’au tombant. C’est là qu’on commence à descendre. Les oreilles font mal comme dans l’avion. Sigi m’a fait remonter d’un mètre et une petite manip’ pour faire claquer les tympans plus tard, tout va bien.
Ce que j’en dit : trop bien ! Elle me rajoute plein de plomb ; apparemment mon corps refuse de couler … JE commence à avoir plein de buée dans mon masque. Et hop, la petite manip’, et c’est reparti. Petite douleurs aux oreilles. Je remonte d’un mètre et hop une autre petite manip’ magique.

Bref, les mots ne suffisent plus pour vous décrire ce qu’on a vu. La qualité de la vidéo est ce qu’on a pu faire de mieux avec la mauvaise coque de la GoPro.

Il est temps de sortir mais j’ai un petit souci pour remonter avec tous les poids qu’elle m’a mis. Du coup, je faisais surface/eau ; Pendant ce temps-là, j’entendais Nico te Sigo dire « elle a eu du mal à s’y mettre, mais maintenant elle ne veut plus sortir ! ». Rassurez-vous, je suis juste en train de lutter pour me mettre sur mes deux palmes.
Nico est sorti de l’eau tout frissonnant – de froid ou d’émotion ? Sur le banc posé sur la plage sous les cocotiers, on enlève les bouteilles et on repart vers le centre de plongée avec le gilet et le détenteur. Sur le chemin, Sigi nous dit de bien nous nettoyer les oreilles à l’eau clair afin d’évacuer les bactéries.

A la fin de la plongée, Sigi nous apprendra que l’on a plongé environ 40 minutes et que l’on est descendu à 12 mètres de profondeur. Arrivés au centre, on retire les gilets qu’il faut rincer dans l’eau claire non salée afin de les préserver plus longtemps. Puis, elle nous propose d’emprunter nos masques afin de leur faire subir une petite manip leur permettant de ne plus avoir de buée : brûler le filet de silicone qui se trouve à l’intérieur. Elles deviennent toutes noires, évidement, mais un bon lavage efface les dégâts. A 14h, on les récupère tous propres.

Le mot de la fin :

  • « Super ! Vachement calme là-dessous. On passse notre niveau 1 c’est sur ! » – Nico
  • « ça laisse un petit goût de reviens-y » – Co

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